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 LE FRUITIER DE TABLE
Un jardinier amateur évite d’improviser la création d’un verger familial. Elle dépend de paramètres précis. La surface du jardin limite le nombre et le volume des arbres et le choix des espèces à y introduire. Les affinités de chacune des essences sont aussi à considérer.

Prévoir sur quinze ans

Les besoins à couvrir se prévoient dès l’établissement des arbres dans le verger. Programmer sur quinze ans assure les meilleurs résultats. Inclure la période des vacances. Il est impossible de changer d’espèce ou de variété chaque année comme avec des salades. Certaines variétés ont surtout une renommée commerciale. Le rendement est le principal critère de leur culture. Éviter de les retenir, préférer la qualité. Tenir compte des difficultés de fécondation et des sensibilités à certaines maladies.

Diversité et base de rendement

Éviter de tomber dans l’uniformité (Golden Délicious durant huit mois par exemple). Penser à l’époque de maturité. Elle apporte parfois pléthore de bonnes variétés parmi lesquelles il est difficile de choisir. En moyenne, on peut estimer une production annuelle d’arbres adultes sur la base de 1kg de fruits au mètre linéaire de branche charpentière sur les arbres formés en palmettes (pommier, poirier, pêcher et abricotier), et de 2 kg au mètre linéaire sur la vigne.

La production moyenne des arbres en forme libre est plus variable. Elle peut être estimée à 50 kg par plein vent de poirier et de pommier, de 25 kg par fuseau, gobelet, basse tige ou buisson de poirier, de pommier et de pêcher, 30 kg par cerisier, 25 kg par prunier, 20 kg par abricotier et 1,5 kg par touffe de groseillier, de cassissier ou de framboisier. Ces rendements pour une culture soignée et jardinée permettent de juger des possibilités d’un arbre par rapport à la surface qu’il immobilise.

Le temps des petits fruit rouges.

Les premiers fruits frais proviennent des fraisiers ‘surprise des halles’ et ‘Sengana’, ils arrivent à maturité vers la mi-mai. Pour hâter leur précocité, recouvrir quelques rangs de la planche avec un tunnel en plastique transparent dès la fin févier. ‘Cirafine’ et ‘Gariguette’ prennent le relais les trois premières semaines de juin, puis

laissent la place à ‘Ostara’. La succession de ces variétés justifie leur faveur comme fruits frais ou en confiture.

Viennent ensuite les premières cerises. ‘Précoce de la Manche’ ouvre la saison durant la deuxième quinzaine de mai en île de France. Dans les années à printemps chaud, elle est un peu plus précoce. Elle résiste aux parasites et elle est auto fertile. Elle devance d’une dizaine de jours le bigarreau ‘Hâtif Delbard’. Plus charnu, il s’impose comme la meilleure variété. Son rendement est renforcé par le voisinage de deux autres bigarreaux plus tardifs, ‘Rainier’, fin juin, et ‘Délice de Malicorne’, quelque jour plus tard. Entre-temps, ‘Cœur de Marmotte’, ‘Reverchon’, ‘Starkrimson’ et la cerise ‘Belle Magnifique’, délicieuse à complète maturité, se succèdent selon les régions.

Les petits fruits de juin

Juin est aussi le mois du triomphe des petits fruits : les groseilles ‘London Market’ et ‘Red Lake’, à gros grains et longues grappes, et les cassis ‘Noir de Bourgogne’ et ‘Boskoop Giant’. Dans la partie sud de la France, les juteuses prunes japonaises soulagent la soif des premières chaleurs. Les abricots ‘Bergeron’ accompagnent les pêches ‘Andromède’ et ‘Reine des Vergers’ et les nectarines ‘Fantasia’. Plus au nord, attendre quelques semaines pour apprécier les meilleures qualités de ces espèces. Fin juin et début juillet sont les mois des framboises non remontantes :‘Meeker’, et remontante ‘All Gold’ et ‘Polana’.

Le soleil les fait mûrir

Les amandes vertes de la variété ‘Ferraduel’ sont à point dans le midi. Ailleurs, les groseilles à maquereau ‘Invicta’ et ‘Innomäki’, les myrtilles ‘Atlantic’ et ‘Blueray’ surprennent par leur fantaisie estivale. Surveiller les anciennes petites poires juteuses comme ‘Doyenné de Juillet’, ‘Beurré Giffard’ et ‘André Desportes’. Elles risquent de blettir. Les cueillir encore vertes et les rentrer dans une pièce fraîche durant deux ou trois jours. Les premières pommes, légèrement acidulées et convenant à la chaleur, apparaissent en prélude à une abondante lignée. Consommer ‘Astrakan Rouge’ et ‘Borowitsky’ avant qu’elles deviennent cotonneuses. Août est le mois des gros fruits sucrés. C’est aussi celui des meilleures pêches : ‘Grosse Mignonne’ et ‘Andromède’, à chair blanche.

Les mois d’abondance

Fin août et début septembre arrive le temps des bonnes prunes, des mirabelles et des reines-claudes d’abord, puis des quetsches jusqu’en octobre. Ces deux mois sont au verger ceux de l’abondance. La poire ‘William’s’ inaugure la série des meilleures variétés. Tous les jardins gagnent à en posséder un sujet. Sa consommation se poursuit jusqu’aux ‘Louise Bonne d’Avranches’ et ‘Beurré Hardy’. C’est le trio de la qualité. Les deux dernières se prolongent jusqu’en octobre. Elles rejoignent ‘Conférence’ alors que la pêche ‘Reine des Vergers’, à chair blanche, et ‘Pêche de Vignes’, sanguine et sucrée terminent leur saison en beauté.

Les fruits de la rentrée

La maturité des framboises remontantes ‘September’ et ‘Héritage’ accompagne la reprise des activités. Leur parfum prolonge les dernières belles journées jusqu’aux brouillards de l’automne. Parmi les pommes, ‘Peasgood’ et ‘Reine des Reinettes’ dégagent toutes leurs qualités naturelles.

Ces premiers mois d’automne voient aussi l’arrivé des raisins, des myrtilles, des mûres, des figues et des amandes sèches. Deux variétés de raisin surclassent toutes les autres : ‘Chasselat Doré de Fontainebleau’, blanc et ‘Muscat de Hambourg’, noir. Les ensacher pour les protéger des moucherons et des pontes de petits papillons. Fin décembre et début janvier voient la maturié des kiwis ‘Hayward’ et ‘Tomuri’, des kakis, des pommes ‘Calville blanc’ et ‘Winter Banana’ et des poires ‘Passe Crassane’, ‘Jeanne d’Arc’ et ‘Joséphine de Malines’.

La période la plus longue

Assurer les premiers mois de la nouvelle année avec des variétés de longue conservation. ‘Doyenné d’hiver’, ‘Olivier de Serre’, ‘Bergamotte Esperen’ et ‘Notaire Lepin’ sont les plus fidèles poires de l’hiver. L’épaisseur de leur peau conserve le fondant de leur chair jusqu’en mars. Les bonnes pommes sont les plus nombreuses : ‘Reinette du Mans’, ‘Reinette Clochard’, ‘Reinette d’Armorique’ et ‘Reinette de l’Estre’ révèlent peu à peu leurs meilleures qualités. Dans un fruitier classique, elles font la jonction avec les fraises et premières cerises. C’est le moment de sortir les noix, les noisettes, les gelées et les confitures de leur réserve. Pour affronter les grands froids, calories et vitamines sont indispensables.

Benoît PRIEL

 

 

 
 
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